Roadtrip hivernal

Gilles Vigneault l’a écrit, notre pays n’est pas un pays c’est l’hiver et notre chemin n’est pas un chemin c’est la plaine.  Je sais exactement de quoi il chante, je viens du même pays que lui.  Tout comme vous, arrive janvier et je reluque les spéciaux tout-inclus-si-simples-et-si-peu-chers.  J’y ai même succombé l’hiver passé (Jamaica!!!), et une ou deux autres fois.  J’ai aussi déjà bifurqué un février passé entre le Panama et Playa del Carmen pour finalement choisir Paris dans le menu déroulant en ordre alphabétique d’un site de voyage à rabais.  J’avais pas regretté.  Montmartre en hiver, c’est plus froid, mais c’est plus chaleureux qu’en été.

Cet hiver, pas de plage de sable chaud.  Entre deux chèques de paye, j’ai eu une offre que je ne pouvais refuser, et comme « j’avais un char…   je suis aller virer su’l’bord, d’la Gaspésie ».  Quelques semaines à deux pieds joints dans mon ancienne vie.  Je vous en parlerai plus longuement dans les prochaines semaines de cette Gaspésie hivernale, mais pendant que défilaient les kilomètres de 138 et de 132, pendant que je traversais le St-Laurent sur le bateau flambant neuf (prononcer: noeud!), je me suis dit: faut que j’en parle à tout le monde:  au moins une fois dans votre vie, laissez faire le Sud en hiver pour y préférer l’Est.

Cet hiver, voyagez où votre piasse vaut une piasse.  Cet hiver, venez nous voir.

Sept-Iles-Percé.  590 km.  Selon le chemin choisi.  Sur la Côte-Nord, on ne se perd pas, la 138 est la seule et l’unique.  En Gaspésie, on a le choix.  Suivre la 132.  D’un bord.  Ou de l’autre.  Ça fait le tour.  Bifurquer sur la 299.  Ou choisir la 198.  590 km roulés presque d’une traite.  Entre les deux, on se tape la croisière nordique. J’ai même vu une baleine samedi passé.

Arrêtez de capoter.  Il ne neigeait pas.  Pas de nouveau flocons tombés non plus depuis mon arrivée.  Je vous dévoile un secret bien gardé, les plus beaux roadtrips nord-cotiers et gaspésiens se font souvent en hiver.   En hiver, la mer est turquoise, les sapins sont pleins de neige, les montagnes sont enneigées.  Et puis…  vous n’êtes pas là! 

C’est pas qu’on vous aime pas, on vous aime plutôt bien.  Mais quand vous arrivez en gang, en juillet, on n’a pas le temps de se parler.  Vous êtes entre vous, vous avez une liste longue de même de chose à faire et vous non plus n’avez pas le temps de nous parler.  De toutes façons, en juillet, nous on va vous voir.  On est tous le touriste de quelqu’un.

Prenez congé un vendredi.  Pis un lundi.  Prenez donc une semaine.  Vous le prenez bien pour les buffets cubains, vous pouvez l’essayer pour un St-Hubert à Rivière-du-Loup.   Bon, vous allez me dire: oui, mais on couche où en Gaspésie ou sur la Côte-Nord, en février?  Je vous répondrai: vous dormirez ben où vous voulez!  Bon, les hôtels de Percé sont peut-être fermés, mais l’été, sont pleins.  Continuez quelques kilomètres plus loin et Gaspé ou Chandler vous accueillera.  Mais arrêtez prendre une bière au Pub Pit Caribou.  Toutes les petites villes de la Gaspésie ont au moins un petit resto cute et pas mal meilleur au goût que le buffet pas de pain le mercredi de Varadero.

Et la Côte-Nord…  la Côte-Nord!  Regarde ce beau ciel nord-côtier, et dis moi que tu n’as pas le goût de rouler avec tes lunettes soleil en regardant la neige briller sur les épinettes?

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590 kilomètres, pas l’ombre d’une tempête.  On voit un pont et on ne pense pas embouteillage, on regarde si les cabanes à pêches sont installées.  On voit une plage et on met nos bottes chaudes et on va respirer.

On voit le Rocher de l’autre côté.  Et y’a plein de parcs à bateaux.  Pis un bateau en cale sèche l’hiver, c’est dans le top ten des patentes les plus photogéniques au MON-DE.  Avec les bébés aux grands yeux, les glaçons qui fondent pis un tartare de saumon.  Pis des bébés aux grands yeux, des glaçons qui fondent pis des tartares de saumon, on a ça des deux bords du grand fleuve.

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Go.  Un petit roadtrip avec 200 km par jour.  Des fois 150.  C’est beau partout en hiver.  Et si par malheur la tempête du siècle s’abat sur ton motel, garde ta chambre une nuit de plus.  Et fais-toi inviter à souper.  En février, on va être contents de te garder!

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Pis tu as le temps en masse de préparer ton roadtrip hivernal dans l’Est du Québec.  Fred, la marmotte de Val-d’Espoir nous a prédit ce matin un printemps tardif!

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Y’a pas d’âge pour l’elliptique

Résolution banale et commune, janvier a rimé du côté de tous les jours dimanche avec le retour au gym. Il ne sera pas ici question des bienfaits de l’exercice sur l’humeur ou de la pertinence et de l’impertinence de publier ses performances en direct ou en différé.  Au pays de la motivation, nul n’est prophète et chacun cherche son chat (voulez-vous que je vous photoshoppe cette belle pensée avec un minion, deux chats et un concours à partager avec vos amis facebook?).   Si vous avez trouvé la façon de vous motiver à bouger, go!  Ici, ça rime avec une auto-félicitation débordante par texto de la part des autres iPholles enthousiastes.


Ayant ces temps-ci du temps libre dans la journée, je profite de mes taxes municipales et me dirige deux-trois fois par semaine au centre socio-récréatif profiter du gym gratuit entre 8h et 18h.  Ma tablette et moi en profitons pour nous mettre à jour sur les NCIS Nouvelle-Orléans, NCIS Los Angeles et NCIS tout court.  Avec quelques CSI à travers le lot, pour finir la semaine.  Je ne fais pas partie de ceux qui réfléchissent leur vie en courant, si mon cerveau n’est pas occupé pendant que je bouge, il se met à surchauffer en faisant des règles de trois pour savoir si peux arrêter drette là et tricher avec mon runkeeper.   Alors qu’en écoutant et regardant une série policière, ma matière grise peut s’occuper du tueur de marines américains et laisser mes cuisses souffrir en paix. 

Étant donné les heures atypiques où je fréquente l’endroit, la faune que j’y croise y est différente de celle que je croisais dans une autre vie lorsque je me présentais à 6h am ou à 19h dans la vie d’ensuite.  Des infirmières/travailleurs sur les shifts/travailleurs autonomes/chômeurs profitant de l’endroit pendant que le citoyen moyen court entre deux rendez-vous au bureau.

L’endroit est également peuplé d’une tribu particulièrement inspirante: les retraités en forme.  Et les observer me tire souvent de ma série policière.  On ne le dira jamais assez, confondre les retraités en un immense ensemble de preneux de glucosamine et de bois de velours serait un raccourci très paresseux.  Et paresseux, mes partenaires d’entrainement de 73 ans ne le sont surtout pas.  Et ce qui me fait sourire, c’est d’observer à quel point les athlètes de gym sont semblables d’une génération à l’autre.

Comme l’aurait dit le magazine Croc, « ces retraités qu’on observe au gym » (et non, je ne publierai pas de photos…  ils courent plus vite que moi et je sais qu’ils benchent comme des pros!):

Y’a le tatoué en camisole qui porte la tuque sur ses cheveux un peu trop longs et bouclés.  Y’a celle qui passe son temps au téléphone.  Celui qui se regarde dans le miroir en faisant des « poses ».  Le policier qui a encore un t-shirt du temps où il y avait un service de police municipal.  La blondie bleachée qui passe plus de temps à cruiser le policier qu’à s’entrainer. La crinkée qui n’est pas là pour niaiser et qui accapare le tapis roulant pour plus des 30 minutes règlementaires et qui passe  devant les autres pour s’emparer de l’elliptique. Celle qui ne se dépeigne même pas et celui qui nous entretient des bienfaits des shakes de protéines.  Le p’tit couple avec des p’tits kits qui fittent.  Des tatouages d’une discrétion variable sur les mollets, omoplates ou biceps.

Faune diversifiée, avec ses éléments attachants ou ses fatigants.  Bref, le jour au gym, les retraités qui s’entrainent sont semblables à leurs petits-enfants  qui s’y entrainent le soir.  Avec à peine 60 ans de plus!  Le douchebag n’a pas été créé l’an passé et le marathonien n’a pas commencé à courir avec une playlist débutant par Ready to start d’Arcade Fire.  Ça fait longtemps qu’ils usent leurs espadrilles dans les gyms.

J’espère y être dans 30 ans avec ma gang de bleachées, portant des tuques, à texter et passer devant les autres pour l’elliptique.  En janvier 2046, j’espère qu’une blogueuse dans la jeune quarantaine parlera  de la bouclée de 71 ans qui passe son heure de gym à texter et à écouter des séries policières sur son iPad Air 38ème génération.

…Dans une prochaine chronique, les 5 nageurs du samedi 21 h à la piscine du même centre-socio et les 43 autres qui y vont le mardi…

 

 

 

 

Allée numéro 4, Produits chinois

J’aimerais donner à tous les jours dimanche un petit twist de blogue voyage, mais ces temps-ci, le voyages ne se font pas loin.  Ah, si on habitait un pays moins grand, les étampes dans le passeport seraient plus fréquentes, mais en partant de la maison, que je fasse 1000 kilomètres d’un bord comme de l’autre comme de l’autre ou même de l’autre, je paierai toujours en dollars canadiens et l’alcool ne sera jamais disponible en duty free.

Les occasions de voyager dans ma tête se font rares.  Le Canal Évasion se perd dans les traductions, Bruno ne mange pas le monde et ne se donne pas la frousse nulle part (il quitterait même la Thailande), les Grands Explorateurs m’ont perdue après le 6ème  Français en 2 ans venu nous présenter la fonte de la neige (en Corse, au Népal, au Ladakh, au Chili, etc…  un conseil les amis: quand la neige fond, mettez des bottes.  Ça va couper 15 minutes de chignage à votre présentation, mais au moins, vous n’aurez pas froid aux pieds.  En tout cas, nous, c’est ce qu’on fait), les films à l’écran au cinéma préfèrent aller sur Mars ou dans d’autres galaxies plutôt que de nous présenter la bonne vieille Terre…   Je me suis donc rabattue sur la solution la plus simple et la moins couteuse à ma disposition pour parcourir le monde: l’allée no 4 du Provigo.  Celle des « Produits chinois« .

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Chaque métropole occidentale digne de ce nom possède son quartier chinois. Pour se perdre dans la culture du pays le plus peuplé du monde, qui goûte à ce que j’en ai entendu dire pas mal meilleur sur place que le buffet chinois de centre d’achats, il suffit de chercher cet arche emblématique, souvent encadrée de statues de lions , marquant l’entrée du Chinatown local.  Un peu partout à travers le monde, on peut aussi gouter à la cuisine locale dans la lorgnette d’un chef-général Tao en entrant dans un restaurant chinois:  si nos spare-ribs québécois sont sucrés et gras, c’est que notre cuisine l’est aussi, de la même façon que le riz du buffet chinois goûté à Rome avait un soupçon de tomates et de basilic (mais aucun signe de egg roll à pizza/pizza rolls) et j’ai cru voir des patates dans la vitrine d’un resto chinois de Berlin.

À Sept-Iles, pas de Chinatown.  On a eu notre Jardin Oriental pendant des décennies, mais il a été démoli pour construire une banque, au grand malheur des fêtards locaux qui aimaient bien y déguster une soupe won ton avec une poutine italienne et deux egg rolls en finissant leur veillée.  On a aussi eu un resto de sushi lui aussi démoli pour construire un salon funéraire.  Ça, ça s’invente pas.  Et, capotez pas, je le sais, les sushis, c’est japonais, pas chinois.  Un autre restaurant chinois a depuis ouvert ses portes (j’ai pendant quelques mois confondu l’ours polaire ornant son affiche avec un chat…  je trouvais ça un peu déplacé…  Mais c’est bien un ours polaire, finalement.  C’est peut-être pas tellement mieux, sont en danger les ours polaires.  Alors que les chats…  ).  Parait qu’il y a aussi un comptoir à emporter au centre d’achat, mais je ne l’ai pas essayé.  Parce que le President (‘s choice) me permet de visiter la Chine à deux minutes à pied de chez nous.

Dans l’allée numéro 4 du supermarché qui se trouve dans ma cour arrière (ou avant, c’est mêlant chez-nous), sous la dénomination « Produits chinois », se trouve le tiers de la population de la planète.  Les sauces et épices à la base du poulet au beurre, agneau tikka, dhal, tandoori, vindaloo. Tous ces plats mijotés, parfumés, aussi complexes que la société de  1,25 milliard de personnes qui la cuisine et qui habite un pays si particulier qu’il mérite même le nom de « sous-continent » indien: Allée numéro 4, Produits chinois.

La Thaïlande et sa cuisine si particulière, alliant le frais et craquant au piquant et un peu sucré parfois.  La citronnelle, la sauce sriracha, le basilic thaï, le pad thaï, les soupes aigre-douce: Allée numéro 4, Produits chinois.

Le Japon, qui au-delà des sushis est aussi le pays qui a défini l' »umami » et les bento box.  Les nouilles udon ou soba.  Cuisine millénaire dont les chefs sont si raffinés, définis, droits, tout en équilibre: Allée numéro 4, Produits chinois.

Kimchi coréen, soupe tom yam laotienne, dans l' »Allée numéro 4, produits chinois, » à coté du riz et des tomates en cannes (on donc affaire à une allée sino-italienne), vous retrouverez l’Asie-du Sud-Est en bouteille, sachets, boites, concentrée, sucrée, piquante, sous-vide et en canne, le Japon dans votre assiette, l’Inde déjà mixée.  Bref, quand on dit que les Chinois sont partout, dans l’allée numéro 4, on le constate.  De la Chine?  Une variété de sauce soya et tamari, du riz emballé à Mississauga, Ontario, un mix à chow-mein et 3 sauces à Général Tao différentes.

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Alors que Bruno Blanchet ne réussit même pas à gouter à toute la cuisine de la Thaïlande, du Cambodge et du Vietnam en 13 épisodes, l’Allée numéro 4, Produits chinois nous résume plus de 15 pays en deux étagères.  Et ça, c’est voyager pour pas cher!

 

Stuck in a moment you can’t get out of it

Juillet 2011.  Après quelques mois d’attente, on y est.  Tout le monde est rendu à Montréal: mes 15 amis, moi, Bono, The Edge et les deux autres dont j’oublie toujours les noms (Adam Clayton et Larry Mullen Jr, c’est une blague, je connais leur nom!).  Après de multiples tractations, après que 8 des 16  billets aient été perdus (« je me rappelle très bien te les avoir donnés et t’avoir dit qu’ils seraient tous ensemble sur la Côte-Nord, que c’était plus simple, moins de stress pour moi » – S, 2 enfants, disséqueuse de lutins), retrouvés (« ah, ok, on stoppe les recherches, c’est moi qui les ai » – même S, 2 enfants, disséqueuse de lutins), après avoir analysé qui, entre la place qui transforme (un peu moins maintenant) l’avenir et ceux qui électrifient le Québec, avaient les meilleurs rabais-entreprises aux Gouverneurs Place Dupuis (finalement, ce sont les gardes-malades qui les ont, les meilleurs taux.  La prochaine fois, on traine un médecin, ça devrait être encore mieux…), on y était.

On avait tout prévu. Ma sœur, en vacances la semaine précédente avait étudié et analysé tous les trucs et conseils pour se rendre facilement à l’Hippodrome.  Elle avait révisé le plan suite aux compte-rendus du show de la veille (vous savez, celui qui s’est terminé sous le déluge?).  Nous étions prêts. Un show de U2 en gang, pour les trentenaires que nous étions encore, c’était pas mal dans le top ten des trips à faire.  U2, c’est notre band.  Celui pour lequel on peut chialer quand on n’aime pas le nouvel album, celui qui fait perdre les noms aux rues que dès qu’on voit un hélico au-dessus d’un building, celui qu’on abandonne parfois, comme ces temps-ci, un certain temps.  Mais encore et toujours le groupe qu’on reconnait aux premiers pickings un peu en retard de The Edge et qui nous fait passer un Beautiful day dès qu’on l’entend.

Le 10 juillet 2011, avec 69 999 amis (plus 10 000 connaissances), on est à l’Hippodrome de Montréal et on attend U2.  Le 10 juillet 2011, je le sais pas encore, mais une toune que je connais pourtant depuis longtemps,  va devenir mon vers d’oreille pour les prochains 2 ans, peut-être 3.  Une expérience spatiale, créée de toute pièce par une scène prévue pour aller dans l’espace, par des lumières et de la boucane, par du son qui devient palpable tellement il est fort.  Plus gros que U2 eux-mêmes.  Et que les 69 999 amis (et 10 000 connaissances) qui sont avec moi.  La toune magique.

La toune qui joue quand le groupe entre en scène.

Même pas Sunday Bloody Sunday.  Ni Where the streets have no name.  Pas With or without you non plus.

Non.

Après le 10 juillet 2011, après le show de mon groupe préféré au monde, la toune qui m’est restée dans la tête pendant deux ans, peut-être trois, c’est la toune qui jouait quand Bono, The Edge pis les deux autres dont on ne se rappelle jamais les noms sont apparus sur les écrans géants, quand mes 79 999 amis (les 10 000 qui étaient des connaissances étaient alors devenus instantanément mes amis) et moi, nous nous sommes levés en criant pis qu’on s’est sentis lever avec le vaisseau spatial…

Space Oddity de David Bowie.

Montréal, 9 juillet 2011 en version courte ici: vidéo court

Montréeal, 9-10 juillet 2011 en version plus longue là: vidéo long

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46 livres (plus 3 disparus)

Aujourd’hui, je me suis levée avec des grandes ambitions.  Les livres de cuisine trainaient un peu partout dans la maison et je ne trouvais pas mon Pinardises volume 1, j’ai donc décidé d’y mettre un peu d’ordre.

En écrivant cette phrase, je me rends compte que j’ai utilisé le terme « livres de cuisine » plutôt que « livres de recettes ».  C’est parce que c’est ce qui est préconisé dans mon Grand Larousse gastronomique.  Et oui, après l’avoir mis sur ma liste au Père Noël pendant au moins 15 ans, j’ai fini par le recevoir il y a deux ans.  Et le Père Noël n’y était pour rien, c’est plutôt ma mère qui a finit par admettre que ce n’était pas une demande en l’air.  Je compte donc continuer de  demander un chien batteur sur socle Kitchen Aid rouge à Noël prochain.  La persévérance finit toujours par être récompensée. En consultant le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française, j’ai par contre vu que eux font la différence entre un livre de recettes et un livre de cuisine et que le terme à privilégier est « livre de recettes » quoi que dans certains contexte, c’est « livre de cuisine » qui s’applique.  Je vous laisse aller lire de ce côté, mais revenez vite, j’ai encore des histoires à vous raconter.

J’ai donc rassemblé les livres de cuisine qui trainaient un peu partout dans la maison et ai élaboré un plan.  Calcul rapide: 46 livres qui se trouvaient dans des endroits aussi variés que dans le sous-sol, dans ma chambre, dans les marches d’escalier, dans la bibliothèque.  Plus les deux Pinardises et l’Atelier de Daniel Vézina qui sont portés disparus (ils sont parmi mes trois préférés!)

Il m’arrive (pas souvent) de me demander pourquoi j’en ai autant.  Je pose plus souvent la question (avec un peu de jalousie, je l’avoue…):  « Pourquoi, mais POURQUOI ce n’est pas moi qui aie le livre sur la cuisine indienne que possède mon amie S, deux enfants -pas la même que celle qui voulait décapiter disséquer un lutin… je vous l’ai dit, j’ai quatre amies « S, deux enfants » – plus une « S, un enfant?« .   Y’a vraiment beaucoup de « S » dans ma vie…

Je ne suis pratiquement pourtant presque jamais les recettes.   Je fais une exception pour les gâteaux, où je ne peux pas remplacer une tasse de farine par 1/2 pot de yogourt et un peu de sauce soya parce que ça me tente, mais je trouve ça trop contraignant de faire des gâteaux, parce que justement, il faut suivre la recette.

Pourquoi en avoir autant alors que je ne les utilise pas réellement?  Parce que le système scolaire québécois, mes parents et ensuite moi-même avons suffisamment investi dans mon éducation pour que je puisse jongler avec des concepts théoriques, les mixer au blender pour ensuite en ressortir avec un concept nouveau et amélioré- et un peu piquant.  En plus simple, mon célèbre poulet sauce aux arachides est une version améliorée et testée mais non intégralement respectée de celui de Daniel Pinard, de Jean Chen, d’emballage d’épices et d’un vieux Coup de Pouce.  Je fais de la sauce à spag à l’œil depuis que j’ai 15 ans, mais il m’arrive encore d’aller voir ce que la Cuccina della None en dit, ainsi que Stefano.  Parce que Stefano a appris de Elena et Elena, on ne se le cachera pas, la sauce, elle connait ça.  Et…  d’un coup qu’ils inventeraient une nouvelle épice, pis qu’elle manque à ma culture (mais je peux te donner deux trucs dans  dossier sauce à spag:  tu penses qu’elle a assez cuit?  Rajoute une heure.  Et un truc secret, qui marche, en tout cas, je crois, ajoute les champignons à la toute fin, quand tu viens d’éteindre le rond pour la laisser refroidir un peu.  Au lieu de perdre leur eau, ils vont gober celle qui reste en trop dans la sauce).  Grâce à mes milliers d’heures de lecture de Je sais maintenant intuitivement comment donner une twist mexicaine, thaï ou indienne à mon poulet et je compte travailler sur les saveurs scandinaves cet hiver (un livre à me suggérer?).

Mais dans mes résolutions du Jour de l’an, vous vous rappelez que j’ai décidé de suivre quelquefois les recettes, parce que je me rends compte que c’est formateur de le faire.  Ça nous pousse à essayer des nouvelles techniques, à se rappeler qu’on a un robot culinaire dans le fond de l’armoire et autre chose qu’une plaque à biscuits comme outil de cuisson au four.  Et je ne vous parle pas de ce que je vais découvrir dans les deux tiroirs à ustensiles en cherchant l’économe qui fait des fines petites juliennes de carottes.

Je fais le décompte, et à vue de nez, je possède présentement au moins 45 livres de cuisine.  Plus les deux Pinardises et l' »Atelier » de Daniel Vézina qui sont momentanément portés disparus.  En testant une recette par semaine, on en a pour l’année.  Il me semble que ce serait un bon plan pour maximiser l’usage des arbres qui ont servi à fabriquer le papier sur lequel ces recettes sont imprimées?  Suivre la recette 50 fois.  Ça va être souffrant, mais ça va être beau.

Pis en plus, j’ai entre les mains une ben belle caméra, qui quand on la règle sur « Aliments » rend n’importe quoi alléchant.  La preuve?  Sais-tu c’est quoi, ça, juste là en bas?  Regarde comme il faut?  Approche-toi…

Ben oui, c’est du Macaroni au fromage Michelina’s (aucun lien avec ma mère, qui de toute façon préfère son macaroni avec des grosses tomates), la version légère, sur laquelle j’ai pitché une motte de roquette et un peu de pesto, sans façon.  Ben je vais te le dire, ça a l’air pas mal meilleur sur les photos que ce que ça goûtait sous mon palais.  Mais la caméra magique a mis le tout en valeur et ça te donne presque le gout d’en servir dans les restos bistronomiques (ah!   on me souffle à l’oreille que c’est effectivement servi dans plusieurs endroits…).  Veillez noter que l’achat de ce plat venait d’un pur esprit de sacrifice scientifique.  Avoir su, j’aurais investi dans une boite de Pizzas Pochettes…

On en revient à mon « rallye-recettes ».  Chaque semaine, une vraie recette testée par tous les jours dimanche.  On va faire le tour du monde et on va revenir au Québec.  On va manger santé, bio, végé, pimenté, futé, street food, paté chinois, classique, fusion, local, terroir, cru, fumé, avec de l’alcool, au printemps, rebel, toqué, beef, mezzé, fondue, petites cocottes et soupe. On mangera pas sans gluten, pas que je suis contre, mais j’en ai pas de ces livres-là.   Je vais essayer de vous trouver un dessert ou deux.  Certaines semaines, je vous ferai voter.  On va attendre le début mai pour les crevettes et le crabe, et l’été pour le barbecue.  Des fois ça va être simple, des fois ben ben compliqué.  J’espère que ça sera toujours beau et bon.

Ça vous tente?  On va continuer de s’amuser dans plein d’autres domaines, ne vous inquiétez pas!

La semaine prochaine, une recette tirée de « La croute cassée, beau, bon pas cher » (on est en période post-noël tant dans notre estomac que dans notre porte-feuille, après tout).

Mise à jour: l’avis de recherche a porté fruits, les portés-disparus ont été retrouvés!  

Et c’est parti!

Me revoilà.

Le 6 janvier, vous direz que c’est un peu tard pour les vœux de Bonne année et les résolutions et tout et tout.

IMG_0151Bah, mieux vaut tard que jamais, et en plus, fallait finir les galettes avant de démarrer les résolutions. De plus, 2016 étant bissextile, il faut s’assurer de bien choisir les bonnes habitudes, parce que hein…  on va être pris avec une journée de plus.

Donc j’ai terminé les galettes, et je suis maintenant prête.  Et vous, êtes-vous prêts?  C’est parti!

Les résolutions que je ne prendrai pas (pas parce que je ne les tiendrais pas, mais bien parce qu’elles ne m’intéressent pas.. ):

  • je ne diminuerai pas le café (ma machine à espresso m’en voudrait);
  • je n’arrêterai pas d’aller lire la fin des livres en premier (ça ne m’a jamais empêchée de dévorer les romans policiers suédois);
  • je ne ferai pas de marathon, ni de demi marathon, ni même de 10 kilomètres.  Peut-être un 5 kilomètres en courant à moitié un beau samedi de juin (c’est facile à calculer, dans ma ville à angles droits, l’aller-retour entre la maison et le parc à bateaux fait 5 kilomètres pile, peut importe la combinaison de rues transversales/alphabétiques que l’on prend);
  • je n’économiserai pas l’énergie ou l’eau en diminuant les bains réchauffés deux fois (je sais que je devrais, mais l’humanité n’est pas prête à subir l’humeur massacrante qui s’en suivrait);
  • je ne ferai pas mon lit tous les matins (j’ai lu quelque part que ça gardait les acariens au chaud);
  • je ne ferai pas de cure de détox, pas de purification, pas de nettoyage interne (je vais continuer de boire de l’eau qui pétille en augmentant la dose proportionnellement à celle du vin rouge). Pas de sans gluten, pas de végétalien non plus.  Au plus, un peu de moins de viande.  

Les résolutions que je prendrai: (et que je tiendrai.  Oui! Oui!)

  • comme la plupart des Québécois, je veux bouger plus.  Mais comme à chaque fois, je vais devoir combattre la procrastination qui vient avec.  Et qui cette année s’est traduite en étude approfondie de toutes les applications disponibles pour la remise en forme.  En commençant par l’achat du Coup de pouce de janvier qui proposait un article de fond sur le sujet.  Trois pages.  Et un supplément sur le chocolat (les magazines de janvier ne sont jamais très denses… ils compensent -avec du chocolat, comme la moyenne des ours… ).  IMG_0160Le grand dossier sur les applications pour s’entrainer ne suggérait finalement pas ce que j’utiliserai (RunKeeper).  Je me suis gâtée, j’ai pris un abonnement d’un an.  On verra le 31 décembre 2016 si c’était un investissement qui en valait la peine.  On y reviendra probablement en cours d’année.
  • moins de Netflix, plus de lecture (maintenant que je suis passée à travers les 10 saisons de Friends…) ;
  • apprivoiser les fonctions pas automatiques de la caméra;
  • une fois de temps en temps, suivre la recette.  Ça a l’air de rien, mais ça permet d’apprendre des nouvelles techniques.  D’autres fois, inventer.  Et prendre tout ça en photo.  Ça pis plein d’autres affaires qui ne seront ni pour facebook, ni pour instagram. Mais peut-être pour tous les jours dimanche.

 

Ce que je continuerai: (parce que ça va déjà bien!)

  • voir les amis, la famille, encore plus.
  • choisir le vin selon la belle étiquette ou parce qu’il y a une bebelle en cadeau avec la bouteille (on y fait parfois des belles surprises)
  • ne pas fumer (2 ans le 31 janvier!)
  • au moins une étampe dans le passeport (même si elles sont de plus en plus virtuelles).
  • bloguer (en continuant de comprendre l’écosystème virtuelle de la bibitte).

Bonne année!

  
 

L’entre-deux Fêtes…

Noël est passé, à mi-chemin vers le Jour de l’an.  Pour les restes de dinde, nous en sommes toujours aux classiques, hier, grosse soupe pour augmenter la ration de légumes et ce soir, vol-au-vent. On trouvera demain une nouveauté pour pimper la suite.  On va éviter la recette de sushi à la dinde entre vue sur les zinternets (dieu merci, il n’y était pas question de sashimi… ) mais on se laissera probablement tenter par les quesadillas.  On donne dans la cuisine fusion, même sur la Côte-Nord (oui, oui, ici aussi les pizza-rolls -ou egg rolls à la pizza, le consensus n’a pas été atteint sur le nom- se sont rendus).  Mais ce sera le plus loin où on se rendra dans les recettes exotiques.   Le 29 décembre, on aspire à la simplicité, à la légèreté et aux légumes verts. Mais on ne dirait pas non à une galette à trous ou à un beigne à l’ancienne-pas-de-chez-Tim.  Faut garder la forme pour le 1er janvier.

La liste des classiques du Temps des Fêtes commence à être biffée de haut en bas.  Le dernier morceau a été posé sur le casse-tête hier matin.  Et vous saurez que non, c’est pas parce qu’il y avait plein de couleurs différentes qu’il était plus facile.  Les trois portes turquoises étaient exactement de la même teinte, même chose avec les huit portes rouges.  Seule la fuchsia était unique.

Une autre activité traditionnelle pour laquelle on avait pris du retard, les Poupons 2015 au poste communautaire.  Habituellement, dans les premières heures des vacances de Noël, on s’installe devant la télé et on  se met à jour sur les naissances de l’année dans la région.  Un après l’autre, on défile les bébés, on situe les parents, on trouve les ressemblances.  Signe qu’on vieillit, les parents de ces nouveaux-nés étaient avant plus vieux que nous.  Ils ont finit par nous rattraper, on a vu passer les enfants des enfants qu’on a gardé.  Ces temps-ci, on connait moins les parents.  Mais dieu merci, on n’en est pas encore aux petits-enfants de nos collègues du secondaire.  Laissez-nous le temps.  On a pris du retard dans cette activité parce qu’il semble que la population a délaissé la Radio-télévision Communautaire qui desservait auparavant tout le monde pour d’autres câblodistributeurs.  Qui offrent peut-être des dizaines de postes en HD, mais qui nous montrent pas les bébés nés cette année.  Merci Amélie de conserver les traditions (et ton service de télé à la RTC).

Parlant de radio-communautaire, j’ai pour la première fois depuis des lunes suivi des cartes au bingo radio.  Et j’ai pas plus apprécié que la dernière fois.  Je diffère en cela de mes compatriotes, si on en croit la fréquentation de l’épicerie qui se vide tous les mercredis de 18h30 à 19h, pendant cet événement de financement hebdomadaire.

 On a aussi suivi avec attention à la radio-communautaire la messe de minuit-qui-était-à-dix-heures.  Version moderne, on l’a synthonisée par l’intermédiaire d’un miroir bluetooth-grossissant-réveil-matin-lumière, en textant et commentant avec le reste de la famille qui l’écoutait sur leur iphone dans la région de Québec.  Ceux de la famille qui étaient présents à l’église n’ont toutefois pas daigné répondre à nos textos alors qu’on se demandait qui interprétait le Minuit Chrétiens.  Pourtant, on n’a pas dérangé personne pendant le sermon qu’on a écouté re-li-gieu-se-ment.  Par l’intermédiaire du miroir.  On en développerait presque le goût de regarder « Le Jour du Seigneur ».

Plein de beaux moments en famille, à manger, rigoler, écouter chanter la cousine qui sticke sur une seule parole d’une chanson de « Naaawel » connue d’elle seule, jouer à des jeux de société  en apprenant les réglements au fur et à mesure, prendre une photo de famille avec une toute nouvelle caméra sur un retardateur qui continuait encore à photographier aux 10 secondes longtemps après que tout le monde ait sorti son plus beau sourire.  De la dinde, de la bûche, des petits pains frais, du gâteau forêt-noire, aux ananas.  De la trempette de toutes les couleurs.  Des chips pour couper le goût du sucre et du sucre  à la crème pour couper le goût des chips… Et des egg-rolls à la pizza (ou pizza-rolls).

Aujourd’hui, on va suivre la tempête annoncée à la télé, en prenant compte des opinions et des calculs de chaque météorologue amateur croisé dans notre quête de nourriture et je vous ferai part des résultats demain, une fois la tempête passée une fois les chiffres analysés.  Selon MétéoMédia, ce sera la première des nombreuses Le Soleil tiré de la page facebook de  Québec inclusiftempêtes du siècle de l’année.  Ils viennent d’ailleurs de nous recommander de déblayer notre voiture correctement avant de partir.  Ça doit être un conseil pour la vague de 4 immigrants syriens qui arrivera à Québec par la 20 ce soir, probablement dans une auto déguisée en banc de neige.  Je vois juste ça.

Mise à jour:  RDI aussi nous recommande de déblayer nos autos.  Ça doit être important.

Je vous laisse, je dois aller écouter le vidéo et chanter Parapa-pam pam  (qui s’avère la toune de Noël la plus plate au monde, on va se le dire) pour la 18ème fois ce matin avec Mélo, 22 mois.  On va travailler ses goûts musicaux pour l’année prochaine.