La planification du chemin de(puis) Damas

Route de Damas
La route de(puis) Damas

tous les jours dimanche, des fois, c’est aussi un temps d’arrêt.

Quand la folie s’empare de nos compatriotes, il devient tentant et c’est de bonne guerre, d’essayer de les comprendre.  C’est pas facile quand on ne part pas du même point de départ.  Si on parle de Boston qui mène la série 3-0 contre les Canadiens, je me rabats sur Paul Houde.  Il a une statistique qui m’éclairera (même s’il prend pour Chicago).  Mais quand la fin du monde dépasse 7h sur les réseaux sociaux, et qu’il s’agit de xénophobie, d’ignorance et de refus d’accueillir des gens qui ont besoin de nous, on cherche un peu plus loin.  Notre point de départ peut être Damas.  Ou le site de Radio-Canada…

J’avais loupé cet article de Michel C.Auger paru mardi: Trudeau: entre les principes et les modalités .  En résumé, il craint que le premier ministre du Canada se soit tellement concentré sur les modalités de l’accueil des réfugiés syriens qu’il en ait perdu de vue le principe.  Et il me permet par son texte de mettre le doigt sur un point qui me chicotait avec l’accueil des réfugiés Syriens (et sur ce qui fait que plusieurs de mes compatriotes freakent comme si la vie ici était Homeland.  On s’entend, ma pensée est à des années lumières de ceux qui sont persuadés que les Syriens s’en viennent armés nous convertir et infiltrer nos institutions.  Je vais le dire en partant:  si c’est ce que vous croyez, passez votre chemin – de Damas ou d’ailleurs-, on n’est pas faits pour s’entendre sur ce point…)

J’ai été formée pour planifier. Toutes les universités québécoises nous offrent une panoplie de cours pour apprendre à le faire.  On détermine le but à atteindre, on se donne un plan pour s’y rendre. « Quoi, pourquoi, comment,  quand ».  Ma philosophie: on se prépare le mieux possible.  Parce qu’on sait que l’imprévisible va inévitablement se produire.  Mais notre cerveau est une formidable machine et il ressortira au moment opportun les pièces de notre plan qui s’adapteront à la situation qui n’était pas prévue.  Mais il faut pour ça avoir un plan.  Sinon, ce n’est qu’improvisation.

Dans quelques semaines, nous deviendrons une terre d’accueil pour ces gens qui fuient la peur.  Pensez-y, il faut avoir très peur pour fuir son pays.  Nous passons six mois par année à pester contre l’hiver et nous ne pensons pas à fuir.  On chiale, on s’achète un billet pour le Sud et on revient dans la neige de mars une semaine plus tard en chialant encore mais en se disant « Home Sweet home ».  Ces Syriens fuient un pays qui fut superbe.  Mais où les djihadistes détruisent la beauté au même rythme qu’ils construisent l’horreur.  Ces Syriens fuient leur pays.  Leur maison.   Ils fuient leur Vieux-Québec, leur Stade et leurs centres d’achats à eux.  Ils fuient leur Havre-Saint-Pierre à eux.  Ils quittent leur monde à eux.  Sans « Home, Sweet Home » à l’horizon.

Je ne doute pas qu’un peu partout au Canada, au Québec, des fonctionnaires et des groupes de citoyens s’affairent à préparer l’arrivée des réfugiés Syriens (qui, je vous le rappelle, ne se sont pas réveillés à Damas vendredi dernier en disant « ah oui, le Canada, je pars – armé et dangereux-  pour le Canada « …  les gens que nous accueillerons se sont réveillées vendredi dernier dans un camp de réfugiés quelque part en Jordanie, en Allemagne ou en Grèce.  En ayant déjà subi moult contrôles en chemin.  Et en regardant l’horreur se produire à Paris leur rappelant l’horreur qu’ils avaient eux-mêmes quittée).

Un camp d'hébergement à Munich le 7 septembre 2015
Un camp d’hébergement à Munich le 7 septembre 2015 Source: RFI

Mais de la part de nos élus, on discute d’une chose:  « Avant Noël ».  Et de discourir si avant Noël, c’est faisable, ou réaliste, ou si c’est trop tôt… Déjà que tout est fermé le 25…

Savez-vous quoi? Après Noël, ce ne sera pas non plus trop tard.  Quoique, on pourrait également les choisir dans le catalogue Sears, nos réfugiés, et en plus profiter de la promotion « commandez avant le 1er décembre et ne payez pas la livraison ».  Mais savez-vous quoi (en plusse)?  Il n’y en aura pas de rabais, sur nos réfugiés, si on les reçoit avant le 25 décembre.  Avant Noël, ce n’est pas l’enjeu, ce n’est pas l’objectif.  C’est le deadline.  Et le deadline, même pour les journaux il n’est plus si important.  Donc, on peut aussi les attendre pour le 31, ou pour les Rois.  On le commencera plus tard, notre Calendrier de l’Avent.  De toutes façons, on n’a pas fini nos bonbons d’Halloween.  On peut même attendre à la Saint-Valentin.  Mais pas la semaine des quatre jeudis. Non.  Sur ce blogue, c’est tous les jours dimanche et on n’attend pas la semaine des quatre jeudis pour agir.

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Camp de réfugiés en Jordanie.  Source: Amnesty international

Messieurs et Mesdames nos élus, j’aimerais que vous expliquiez correctement à mes compatriotes votre planification de l’arrivée des réfugiés syriens.  Selon les règles de l’art: quoi, pourquoi, comment. Laissez faire le « quand », je crois qu’on l’a compris. Est-ce qu’on pourrait parler d’enjeux?  De principes? Certains seront surpris de l’apprendre, mais dans ma carrière d’étudiante universitaire qui s’est étalée sur deux décennies, j’ai beaucoup travaillé et j’ai appris à appréhender une situation selon l’enjeu qu’elle représente.  Sur ce qu’on a à perdre et à gagner en bougeant.  En ne bougeant pas.   J’ai appris et essaie d’appliquer les principes du win-win dans une négociation.  Et on ne me sortira pas de la tête que dans les cas présent, le Québec a tout à gagner et les Syriens ont déjà tellement perdu.

Je compte bien sur le fait qu’avec nos impôts, nos institutions et nos structures, mais surtout avec notre cœur, nous accueillions 25 000 réfugiés syriens.  Peut-être pas avant Noël.     C’est pas ça qui est important.

Et dans un an ou deux, on bouclera la planification avec la rétroaction et le bilan de l’arrivée de ces gens dans nos vies.  Dans ce que j’ai appris sur les bancs d’école, ça fait aussi partie d’une bonne stratégie, des étapes de la planification.  J’ai entendu dire qu’ils avaient également de très bonnes universités à Damas et à Alep.  Des bons collèges, des écoles modernes.  Nos nouveaux compatriotes qui seront d’ici là devenus citoyens québécois d’origine syrienne ou résidents permanents, peu importe, ils seront nos voisins et collègues, nos amis, certains entreront peut-être dans vos familles (bouh!)  et ils participeront avec nous à cet exercice de bilan.  Il n’en tient qu’à nous qu’il soit positif.  Et un peu à nos élus…

Et bien-aimés compatriotes canadiens et québécois, ainsi que citoyens du monde entier qui liront mon article, je vous informe de ceci: les commentaires sur ce blogue sont modérés.   Par moi-même en personne. Les commentaires racistes, xénophobes, fermés d’esprit ne passeront pas la censure que j’y impose. Je serai impitoyable.  Aussi impitoyable que les jugements gratuits que j’ai lus récemment.

C’est toutefois à vous, et non aux Syriens, que je souhaite de trouver votre chemin de Damas.

 

 

 

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Avant-hier encore, j’avais 20 ans…

La rue l'Autre rueSi tous  les jours dimanche se veut un reflet de ma vie au quotidien, il sera sûrement parsemé de petits articles où je parcours le Québec d’est en ouest pour aller prendre une quelques bières avec des gens qui eux l’ont parcouru du nord au sud (je persiste et je signe: Val-d’Or est au nord, Havre-Saint-Pierre est à l’est.  Nous, on monte à Québec.  Eux ils descendent à Montréal…  Vous voyez ben, logique implacable).

Samedi dernier, c’était une de ces occasions.

Je fais partie de ces quatre ou cinq extraterrestres qui disent être allés « au collégial » et non au Cégep.  Pas par snobisme.  C’est juste que je ne suis pas allée au Cégep (je me suis bien repris après en travaillant avec fierté pour deux Cégeps différents pendant 8 ans…  il devait me manquer quelque chose).  Car voyez-vous, ces fameuses deux années (et demie dans mon cas) entre le secondaire et l’université, je les ai passées en banlieue de Québec sur un campus que plusieurs qualifieraient d’enchanteur mais dont le souvenir le plus marquant reste pour nous une obscure « roche », jamais vue à la lueur du jour.  Mon dernier bulletin indique que j’ai obtenu mon diplôme collégial au Collège St-Augustin, mais dans mon cœur, je suis allée au Séminaire Saint-Augustin, sans aucune ambition de devenir curé, sans même savoir exactement ce que j’allais y chercher.  Et encore moins y trouver.

La roche
La Roche près du lac Saint-Augustin crédit photo: Côte

À toi qui pense qu’au Séminaire St-Augustin, on se couchait de bonne heure et que la messe était obligatoire, laisse moi t’expliquer une ou deux choses.  Rassemble dans un même lieu 500 jeunes, des années plus, les dernières moins, arrivant de la Gaspésie, de l’Abitibi, de la Côte-Nord et des Îles-de-la-Madeleine, lâche lousse à travers ça quelques rescapés de l’Outaouais ou de Sherbrooke.  Ajoute presque personne du coin.  Sauf quelques-uns.  Appelle ça la saveur locale.  À toutes les semaines, il y en a un qui fête ses 18 ans.  Tou-tes-les-semaines.  Ça va te donner un espèce de tout-inclus, avec des buffets étranges, de la bière pas chère, un une bus (la 15…  on y a également eu des autobus jaunes et l’obscure « Tradition », dont on a jamais compris les horaires) une fois de temps en temps pour aller au centre d’achat, faire du rafting ou faire le party à la Volks.  On y marché à des drôles d’heure et fait du vélo pour aller nulle part.  Sinon, les spectacles, de qualité inégale mais souvent surprenants se font à l’auditorium, avec des acteurs et animateurs que tu as croisés plutôt dans la journée. (Trop) souvent, c’est carrément toi la vedette..  Prends toi un catalogue, choisis-toi un pavillon un peu au hasard ou selon ce que ta voisine ou ton cousin qui y est déjà allé quatre ans avant t’en dit…  L’année d’après, comme tu connais le coin, tu te loues un appart.  Trois quatre apparts.  Dans le même bloc.  Tant pis pour ceux qui sont pas de la gang.  Tu me vois venir? Le Séminaire St-Augustin, c’était Varadero depuis que Sunwing offre les départs de Val-d’Or et de Sept-Iles.  En tout cas, c’est le souvenir qu’on en a.  Mais dites le pas à ma mère.

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Auditorium du Séminaire Saint-Augustin

Ce samedi, une cinquantaine de rescapés et moi, maintenant respectables quadragénaires (pour la plupart…) sommes allés nous faire accroire qu’il y en avait un de la gang qui fêtait ses 18 ans cette semaine.  Nous avons été reçus par Satan Martin au Salon de dégustation de Micro-Brasserie le Corsaire, à Lévis (faut que tu ailles y faire ton tour, la bière y est bonne et le diable proprio sympathique).  On a ri, on a eu les larmes au yeux, on s’est couché tard (plus tard que ce qu’on a pris comme habitude récemment, en tout cas…), on a j’ai pris le contrôle de la place (excuse moi, cher gars du CSSR dont j’oublie le nom à qui j’ai volé la chaise qui servait de stage et qui finalement animait très bien la soirée…  mais quand les gars du CMM sont là, je retrouve mes 19 ans et à 19 ans, j’avais le contrôle de l’auditorium de 600 places du SSA!).

En 1996, le Séminaire a fermé définitivement ses portes (même si samedi, on a réussi à se rendre au milieu de l’auditorium barré).  Mais, toi lecteur, essaie pas d’en savoir plus sur ce qui s’y est passé.  N’essaie même pas de savoir tout ce que j’y ai finalement trouvé, ce qui était là en 1993 et qui l’était encore samedi dernier.  On ne peut même pas te l’expliquer.

Parce que ce qui s’est passé au Séminaire… va y rester!

Type sauce (avec mottons)

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tous les jours dimanche, c’est un blogue.  C’est MON blogue.  On va conséquemment parler de bouffe.
On va commencer par parler de sauce.  Avec des mottons.  Ceci sera une chronique éditoriale sur le chunk, le morceau, la bouchée. Ce texte est une ode aux mottons.

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Bon, je vous entends déjà.  Les mottons, c’est pas bon, les mottons c’est dégueux, les mottons c’est laid… bla bla bla.  Laissez moi vous expliquer.  Vous savez, vous êtes au resto et vous voyez: bavette avec sauce au bleu (ou macreuse, il y de plus en plus de macreuse dans la bistronomie – beau momacreuse-ft-blanc @Tom Greyt, hein!- québécoise.  Pour moi une macreuse, c’est un oiseau. Faut pas oublier que je suis née à Havre-Saint-Pierre.  C’est quelle partie de la vache, la macreuse?)

Je vois sauce au bleu et je salive.  Est-ce que ce sera du Stilton, un peu crémeux mais quand même friable?  Un roquefort, avec ses taches presque vertes.  Je prendrais même un Danois, auquel cas j’espère que ce sera le traditionnel.  Oh! Un gorgonzola, qui dans une bouchée me ramènera en Italie.  Mais le bonheur total serait un Ciel de Charlevoix.  Ou un Bleu d’Élizabeth.  Je salive d’anticipation.  Ça va être booooonnnn!

9 fois sur 10, c’est la déception.  Comprenez-moi, c’est effectivement souvent bon.  Mais le fromage est FONDU!  La sauce prend une triste couleur grisâtre.  Moi, je voulais croquer le bleu.  Je voulais des MOTTONS de bleu.

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Répéter le même scénario avec « trempette au fromage de chèvre ».  Je trouve déprimant une sauce à spag où la texture du steak haché est uniforme et où on ne trouve aucune carotte à croquer.  Je veux une guacamole où on distingue l’avocat, la tomate et même les petits cristaux de sel.

Ce raisonnement s’applique aux salades (craquantes et texturées), aux potages (avec garnitures croustillantes – une tuile de parmesan?  un morceau de courge pas brrrr-wée?), aux desserts (un vrai Reine-Élizabeth, où chaque bouchée est un équilibre de gâteau un peu humide, de dattes moelleuses, de noix croquantes, de coconut qui coince dans les dents et de sucre cristallisé!  Grand-Maman Cormier, ton gâteau Reine-Élisabeth me manque!).

En cuisine, faut que ça craque, faut que je croque (faut que le grand cric me croque).

Demain, on r’tourne en ville.  On s’en va faire un cours de tapas et sauces à Ateliers et Saveurs.  Le beurre blanc sera bien lisse, mais j’espère que la sauce au poivre vert va craquer et qu’il y aura des mottons de cardamome dans la crème anglaise…  à suivre!!!

Dans le monde des fourmis, il n’y a que des fourmis…

1.Cloudy_Nightt_Carré_d'Youville

tous les jours dimanche, ce sera aussi des critiques de spectacle.  Dans le ton tous les jours dimanche….

Samedi soir, on est allées en ville.  En ville comme dans Carré d’Youville, Québec, PQ.  Je prends la peine de vous dire de relire la première phrase parce ça n’arrive pas souvent.  Pas juste parce que ça fait loin partir de Sept-Iles un samedi soir pour aller veiller au Dagobert (il y a un bar qui s’appelle le Thompson qui est presque dans ma cour et je ne suis tellement pas la clientèle cible des sorties du samedi soir que je ne sais même pas s’il est encore ouvert).  Mais on n’allait pas au Dag, on allait au Capitole.  Et on allait pas voir Elvis Story.  Donc samedi, on est allées en ville.  Voir et entendre Jean Leloup. Comme quand on avait 20 ans.  Sauf que Leloup ne jouait pas au Capitole quand on avait 20 ans.  Et nous, on n’allait pas au Capitole.

il ne sait pas ce qui l'attend
au coin de la rue en rentrant

Notre billet électronique indiquait « ouverture des portes à 19h00 ».  (NDLR: la dernière fois qu’on a vu Leloup, on n’avait pas de billet électronique.  On l’a vu gratisse, on l’a vu pas cher, on l’a vu top shape, on l’a vu pas d’dans, on l’a vu au D’Auteuil et peut-être à la Fourmi, mais on n’est pas certaines, on l’a vu à Ottawa (mais on n’aurait pas dû), on l’a vu à Woodstock en Beauce, mais on ne l’avait jamais vu avec un billet électronique). À 19h45, on croyait arriver pile, on est plutôt arrivées dans le bout de la file.  Qui faisait deux coins de rue.  Rue Richelieu si vous connaissez le coin (quiconque a pris la 800 ou la 7 et qui dit « une » autobus sait de quel coin il s’agit.  Et c’est un coin pour vrai, on est au « Carré » d’Youville).  Comme quoi on est aussi délinquantes que John the Wolf.  Surtout dans ce coin là.  C’est sûrement la place où on a été les plus délinquantes dans nos vies.  Écoutez, j’ai déjà attaché une fille sur un arbre avec son grand foulard, drette en avant du défunt Van Houtte.  Mais c’est pas ce que vous croyez.  On était au Carnaval et j’étais tannée de l’empêcher d’aller voler au-dessus de la porte St-Jean.

Hé les mecs y a une bagnole
Abandonnée dans le parking

Pour nous punir de toute cette délinquance, juste derrière nous dans la file, deux temples du savoir et du jugement incarnés en filles de 20 ans qui nous suivaient.  Vous savez, le genre de filles de 20 ans qui nous font espérer qu’on n’était pas « comme ça » à leur âge (la réponse  est « peut-être un peu, mais non pas tant que ça, j’ai déjà attaché une fille sur un arbre avec son foulard »).  On soupire, on chiale un peu entre nos dents.  Aux 30 secondes, on a droit aux deux premières lignes d’Alger, qui semble être la seule toune de Leloup de leur répertoire.  Pour leur défense, notre exaspération envers elles nous permet de surpasser nos réelles préoccupations: « Pourquoi les portes ne sont pas ouvertes… comment il va notre Leloup? »  Tranquillement pas vite, la file avance, les portes s’ouvrent, elles partent en gambadant à gauche aller stresser d’autres intolérantes de notre espèce (on espère ne pas être les seules…), on tourne à droite, tout le monde s’installe et…

… le Roi Ponpon est là.   il est bon, il est en feu, il contrôle son orchestre, son bigarré public halloweenesque composé de corbeaux, de flamants roses, de mimes, de Kiss au complet, de Marilyn Monroe (un gars), de la femme guépard (ou léopard, je ne sais jamais)…  Leloup chante, Leloup danse, Leloup joue de la guitare.

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La foule chante, la foule s’enflamme, la foule danse… La deuxième partie commence, Leloup a maintenant un sombrero noir, on est à Paradis City… Une fille s’élance sur la scène.  Leloup la regarde.  On la regarde…  Mais…  est-ce une de nos grandes sages de la file?  Mais oui, c’est elle !  Confirmation par l’arrivée de sa chum qui la suit de près.  Comme dans la file…  Aussi fatigantes et imbues d’elles-mêmes qu’une heure avant.  Elles se trouvent bonnes, elles dansent comme si 1 126 personnes avaient payé 50$ pour les voir danser.  Soupir.

Et je cry, et je cry baby wou
À Paradis City, à Paradis City

Nos deux suiveuses ont leur heure de gloire.  Ils ont parlé d’elles dans le Soleil.  Probablement aussi dans le Journal de Québec, mais on ne l’a pas lu.  On est de même nous-autres.

Le Soleil 1er novembre 2015

Samedi soir on est allées en ville.  Mais on n’a pas dansé sur la scène.  Je sais que vous étiez impatients et même un peu inquiets de savoir si c’était nous.  Parce que vous l’aviez lu dans Le Soleil.  Vous êtes de même vous autres aussi.

Samedi soir on est allées en ville.  On aurait aimé prendre une bouchée, faire nos fraiches et manger un tartare ou des huitres.  On a fini ça avec une poutine italienne du Normandin de Charny.  Pis y’avait un cowboy à côté de nous.

J'suis un cow boy,
touche pas à ma guitare
J'suis un cow boy,
j'me lève tard.

Samedi soir, on est allées en ville.  On se fout du reste, Jean Leloup était en feu.

Halloween rock’n roll

L’Halloween, c’est tous les jours dimanche, c’est la fête des enfants mais aussi des filles qui année après année profitent de l’occasion pour s’habiller trop court et trop décolleté.  Mais on boude pas notre plaisir, on avale notre pilule (un rouleau de rockets), on s’enfile deux o’henry (de toutes façons on ne peut pas les donner, il y a des pinottes) et on sourit au 8ème Minion de l’après-midi.

Ne reculant devant rien, tous les jours dimanche passe cette année son samedi d’Halloween dans une banlieue de la Rive-Sud de Québec, où les enfants sont rois (ou Reine des neiges).  Les clowns n’ont nettement pas pas la cote et c’est ben tant mieux

Note aux parents: cette année, c’est un samedi.  Mais c’était nettement trop tôt de commencer la tournée vers 10h30.

Note  aux ados: des bottes neuves et une perruque défraîchie, c’est pas un déguisement.  Vous aurez droit aux  pâtes à mâcher, aux kisses moches aux pinottes.  Peut-être à une pomme.

Et note aux filles qui sortiront dans les bars ce soir avec des jupes trop courtes, des bas résilles et la falle à l’air (Larousse: Nom populaire du jabot des oiseaux de basse-cour, en particulier du pigeon): couvrez-vous bien, ça s’annonce pas chaud chaud. Je dis ça pour votre bien.

Quant à nous, on ira passer la soirée avec le plus grand méchant Loup du Québec, une bibitte excentrique qui n’a pas besoin du 31 octobre pour se déguiser: le roi Ponpon, John the Wolf en personne.

Joyeuse Halloween, je m’en vais négocier une KitKat à mon filleul Woody (de Toy Story). Et raisonner ma cousine qui se remet très mal de s’être fait traiter de cheap (« Heille, elle donne pas beaucoup de bonbons, elle ») par la 534ème Halloween de la journée, une Monster High de 9 ans, alors qu’il n’était même pas 16h…

Faut au moins dépasser l’orignal

Chronique voyage, dans le style tous les jours dimanche.

Été 2014, deux néo-quadragénaires accompagnées des fistons de l’une des deux, en route vers les Îles-de-la-Madeleine.  Ayant passé la fin de semaine à célébrer le quarantième anniversaire d’une troisième néo-quadragénaire (NDLR:  les néo-quadragénaires, il y en aura plusieurs dans ces pages.  Le modèle 1974 sera très présent, l’auteure inclus), les membres de l’odyssée ignorent que l’ouragan Arthur a laissé des traces un peu partout en Gaspésie et dans les Maritimes, mais épargnant la piscine nord-côtière pas du tout olympique où l’équipage avait passé la fin de semaine.  Dans des bateaux gonflables.  Mais ça c’est un autre propos.

Interviennent ici deux phénomènes contribuant à l’apparition citée dans le titre.  Le premier étant que l’ouragan a laissé des arbres tombés tout le long de la route et le deuxième étant le choix de la route pour se rendre d’Edmunston jusqu’à Shédiac ou Bouctouche, la destination finale de la journée n’était pas encore établie (et pour tout vous dire, ce fut finalement Saint-Édouard-de-Kent.  Mais on ne connaissait pas encore l’existence de ce lieu en se réveillant le matin).  La route 108 fut plus ou moins choisie, je dirais plutôt suivie (la vie est un chemin, la destination importe peu, blablabla…) et je cite Wikipedia pour vous la décrire: « devient une route forestière très isolée pour 130 kilomètres, traversant la forêt centrale du Nouveau-Brunswick ».  Donc, deux filles, deux fistons, une route isolée, un lendemain d’ouragan et des arbres déracinés.  Qu’est-ce qu’il arrive dans ce temps-là?

Non, pas de bris mécanique pas de pouceux louche (bah, à peine un « local » en panne d’essence qui ayant évalué l’aide qu’on pourrait lui offrir l’avait déclinée.  Ça vous donne une idée des compétences mécaniques qu’on dégage, seul véhicule sur 130 km, et il nous dit de passer tout droit), pas de nuit d’épouvante au Motel Bates.  Donc, je répète, il arrive quoi dans ce temps là?
Des orignaux.  Comme dans orignal au pluriel.  Attirés par le buffet vegan que représentaient les feuilles vertes des arbres déracinés, quatre orignaux se sont trouvés sur notre chemin. Et comme tout digne représentant des contrées éloignées et sauvages le sait, si mauvaise et floue soit-elle, une photo d’orignal, ça va sur facebook.  Publication effectuée mais plus tard dans les Maritimes (en fait, quand la couverture cellulaire fut de retour- mais ça aussi, les représentants des régions éloignées et sauvage le savent… Route isolée = pas de couverture cellulaire.  Oui, ça se peut encore!)

La photo connut un succès instantané.  Le monde aime les orignaux faut croire.

Le reste du voyage fut ponctué de publications de photos diverses: le homard géant de Shédiac, le pont de la Confédération, la statue d’AnnelamaisonauxPignonsVerts, le traversier vers les Îles, les tours de bateau, les festins « Bon goût frais des Îles », les gars dans les grottes, les paysages, les plages, le party de fermeture de la saison de homard de Grande-Entrée, les amis croisés par hasard, ceux qu’on a vus exprès, bref, de quoi rendre jaloux quiconque n’ayant pas choisi les Iles-de-la-Madeleine comme destination vacances cet été-là.  Mais aucune ne dépassa en terme de « likes » facebook  la photo de l’orignal. À peine un ex-equo pour des sandales et un coquillage sur la plage du Havre-aux-Basques.

Donc, vacances de rêves, photos toutes plus festives les unes que les autres. Mer, sable, soleil, homard, enfants heureux, adultes reposés. Et l’orignal qui règne sur ma page facebook comme le roi de la forêt qu’il se plait à être.

Pourquoi vous raconter tout cela? Parce que ce blogue se veut aussi instructif. Et je veux vous partager comment se calcule la popularité sur Facebook.  Tu veux savoir si ta photo a plu à ton lectorat?  Facile.  Il faut qu’elle dépasse le nombre de « likes » de l’orignal.  Il y a eu troispointquatorzeseize, e=mc2, je vous présente maintenant nblikes>nblikesorignal=36,

36 personnes ont cliqué « j’aime » sur cette photo floue et pas si bonne que ça.

36.  Faut au moins dépasser 36 « likes ».  Faut au moins dépasser l’orignal.

MàJ: on nous informe que des amis de tous les jours dimanche s’amusent à faire monter le compteur des likes de l’orignal.  Aux dernières nouvelles, on en serait à 38…

Pourquoi je n’ai pas encore blogué

Pourquoi vous lisez le premier article de tous les jours dimanche seulement maintenant et pas avant?

  • Parce que l’hiver dernier, j’avais bien du temps, mais que finalement, je l’ai consacré à  Grey’s Anatomy et que Grey’s Anatomy avait déjà 10 saisons sur Netflix soit 220 épisodes de 43 minutes. Ensuite, ça a été l’été, et la saison 11 est arrivée. 25 épisodes de plus.  Dont quatre à vivre avec ceci:  attention ici au divulgâcheur (c’est le vrai terme en français pour spoiler!).  On ne peut pas bloguer en pensant à ça.  Mais la saison 12 se déroule bien, je l’écoute un épisode à la fois et j’ai donc maintenant le temps.  De toute façon, l’hiver dernier, j’étais pas d’humeur à bloguer.  Ce n’était pas tous les jours dimanche.  Vous ne m’auriez pas aimée.
  • Je n’ai pas de macbook. Donc, mes photos « je blogue au soleil dans un hamac » seront poches. Pour tout vous dire, j’ai un vieux HP qui menace de s’envoler et qui a besoin d’un clavier à part pour cause de touche « effacer » défectueuse.  Et j’ai parfois besoin d’effacer.  Surtout si je me mets à bloguer.  Je peux pas mettre en ligne tout ce que je pense.  Vraiment pas.  Je dois parfois souvent effacimageer.  Parce que des fois, ce que je pense, c’est pas disable…  Parce qu’il m’arrive de me tromper.  Mais j’ai un beau téléphone avec un étui qui va dans l’eau.  Je me suis dit que je vous mettrais des belles images de mer, de bateau, de spa, de piscine, de rivières et que vous alliez aimer ça et que vous me pardonneriez le vieil ordi.
  • Parce que je m’appelle Danka et que je vis « en région ».  Donc, plutôt difficile de passer inaperçue.  Je ne suis pas Nathalie de Trois-Rivières.  Je suis Danka née à Havre-Saint-Pierre, maintenant à  Sept-Iles, auparavant à  Gaspé et à Percé.  Et quand tu es Danka de Havre-Saint-Pierre et que tu débutes un blogue, difficile de faire semblant que ce n’est pas toi qui a publié un article incendiaire sur le service reçu au restaurant X, appartenant à la cousine de Y, qui te lit religieusement.  C’est également difficile d’améliorer une histoire sans que quelqu’un de proche (ou pas) te ramène à l’ordre en te rappelant que c’était pas Untel qui était là cette fois-là, mais plutôt Chose (ou Machine.  Machine est souvent là dans les histoires qui se passent à Havre-Saint-Pierre). Mais Danka en région, c’est aussi une source intarissable de sujets dont la blogosphère ignore l’existence.  Ça sera pas urbain, ça va parfois être pittoresque (mais pas mal plus souvent rocambolesque).
  • Parce que j’ai procrastiné longtemps.  Après avoir fait le tour complet des  Blogs les plus influents du Québec, j’ai procrastiné encore plus.  Je n’ai pas d’enfants ni de chien.  Je ne bricole pas.  Je ne tricote pas.  Je cuisine, mais je ne note pas mes recettes.  Je ne jardine qu’en bacs sur mon patio.  Je n’ai pas voyagé récemment, je n’ai pas déménagé en Chine ou en Argentine.  J’oublie parfois de me maquiller.  Je ne trouve plus la recharge de la caméra.  Je ne savais donc pas sur quoi bloguer.  Je ne le sais pas plus.  Mais suivez moi quand même…  c’est tous les jours dimanche et on risque de s’amuser.