Y’a pas d’âge pour l’elliptique

Résolution banale et commune, janvier a rimé du côté de tous les jours dimanche avec le retour au gym. Il ne sera pas ici question des bienfaits de l’exercice sur l’humeur ou de la pertinence et de l’impertinence de publier ses performances en direct ou en différé.  Au pays de la motivation, nul n’est prophète et chacun cherche son chat (voulez-vous que je vous photoshoppe cette belle pensée avec un minion, deux chats et un concours à partager avec vos amis facebook?).   Si vous avez trouvé la façon de vous motiver à bouger, go!  Ici, ça rime avec une auto-félicitation débordante par texto de la part des autres iPholles enthousiastes.


Ayant ces temps-ci du temps libre dans la journée, je profite de mes taxes municipales et me dirige deux-trois fois par semaine au centre socio-récréatif profiter du gym gratuit entre 8h et 18h.  Ma tablette et moi en profitons pour nous mettre à jour sur les NCIS Nouvelle-Orléans, NCIS Los Angeles et NCIS tout court.  Avec quelques CSI à travers le lot, pour finir la semaine.  Je ne fais pas partie de ceux qui réfléchissent leur vie en courant, si mon cerveau n’est pas occupé pendant que je bouge, il se met à surchauffer en faisant des règles de trois pour savoir si peux arrêter drette là et tricher avec mon runkeeper.   Alors qu’en écoutant et regardant une série policière, ma matière grise peut s’occuper du tueur de marines américains et laisser mes cuisses souffrir en paix. 

Étant donné les heures atypiques où je fréquente l’endroit, la faune que j’y croise y est différente de celle que je croisais dans une autre vie lorsque je me présentais à 6h am ou à 19h dans la vie d’ensuite.  Des infirmières/travailleurs sur les shifts/travailleurs autonomes/chômeurs profitant de l’endroit pendant que le citoyen moyen court entre deux rendez-vous au bureau.

L’endroit est également peuplé d’une tribu particulièrement inspirante: les retraités en forme.  Et les observer me tire souvent de ma série policière.  On ne le dira jamais assez, confondre les retraités en un immense ensemble de preneux de glucosamine et de bois de velours serait un raccourci très paresseux.  Et paresseux, mes partenaires d’entrainement de 73 ans ne le sont surtout pas.  Et ce qui me fait sourire, c’est d’observer à quel point les athlètes de gym sont semblables d’une génération à l’autre.

Comme l’aurait dit le magazine Croc, « ces retraités qu’on observe au gym » (et non, je ne publierai pas de photos…  ils courent plus vite que moi et je sais qu’ils benchent comme des pros!):

Y’a le tatoué en camisole qui porte la tuque sur ses cheveux un peu trop longs et bouclés.  Y’a celle qui passe son temps au téléphone.  Celui qui se regarde dans le miroir en faisant des « poses ».  Le policier qui a encore un t-shirt du temps où il y avait un service de police municipal.  La blondie bleachée qui passe plus de temps à cruiser le policier qu’à s’entrainer. La crinkée qui n’est pas là pour niaiser et qui accapare le tapis roulant pour plus des 30 minutes règlementaires et qui passe  devant les autres pour s’emparer de l’elliptique. Celle qui ne se dépeigne même pas et celui qui nous entretient des bienfaits des shakes de protéines.  Le p’tit couple avec des p’tits kits qui fittent.  Des tatouages d’une discrétion variable sur les mollets, omoplates ou biceps.

Faune diversifiée, avec ses éléments attachants ou ses fatigants.  Bref, le jour au gym, les retraités qui s’entrainent sont semblables à leurs petits-enfants  qui s’y entrainent le soir.  Avec à peine 60 ans de plus!  Le douchebag n’a pas été créé l’an passé et le marathonien n’a pas commencé à courir avec une playlist débutant par Ready to start d’Arcade Fire.  Ça fait longtemps qu’ils usent leurs espadrilles dans les gyms.

J’espère y être dans 30 ans avec ma gang de bleachées, portant des tuques, à texter et passer devant les autres pour l’elliptique.  En janvier 2046, j’espère qu’une blogueuse dans la jeune quarantaine parlera  de la bouclée de 71 ans qui passe son heure de gym à texter et à écouter des séries policières sur son iPad Air 38ème génération.

…Dans une prochaine chronique, les 5 nageurs du samedi 21 h à la piscine du même centre-socio et les 43 autres qui y vont le mardi…

 

 

 

 

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