Allée numéro 4, Produits chinois

J’aimerais donner à tous les jours dimanche un petit twist de blogue voyage, mais ces temps-ci, le voyages ne se font pas loin.  Ah, si on habitait un pays moins grand, les étampes dans le passeport seraient plus fréquentes, mais en partant de la maison, que je fasse 1000 kilomètres d’un bord comme de l’autre comme de l’autre ou même de l’autre, je paierai toujours en dollars canadiens et l’alcool ne sera jamais disponible en duty free.

Les occasions de voyager dans ma tête se font rares.  Le Canal Évasion se perd dans les traductions, Bruno ne mange pas le monde et ne se donne pas la frousse nulle part (il quitterait même la Thailande), les Grands Explorateurs m’ont perdue après le 6ème  Français en 2 ans venu nous présenter la fonte de la neige (en Corse, au Népal, au Ladakh, au Chili, etc…  un conseil les amis: quand la neige fond, mettez des bottes.  Ça va couper 15 minutes de chignage à votre présentation, mais au moins, vous n’aurez pas froid aux pieds.  En tout cas, nous, c’est ce qu’on fait), les films à l’écran au cinéma préfèrent aller sur Mars ou dans d’autres galaxies plutôt que de nous présenter la bonne vieille Terre…   Je me suis donc rabattue sur la solution la plus simple et la moins couteuse à ma disposition pour parcourir le monde: l’allée no 4 du Provigo.  Celle des « Produits chinois« .

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Chaque métropole occidentale digne de ce nom possède son quartier chinois. Pour se perdre dans la culture du pays le plus peuplé du monde, qui goûte à ce que j’en ai entendu dire pas mal meilleur sur place que le buffet chinois de centre d’achats, il suffit de chercher cet arche emblématique, souvent encadrée de statues de lions , marquant l’entrée du Chinatown local.  Un peu partout à travers le monde, on peut aussi gouter à la cuisine locale dans la lorgnette d’un chef-général Tao en entrant dans un restaurant chinois:  si nos spare-ribs québécois sont sucrés et gras, c’est que notre cuisine l’est aussi, de la même façon que le riz du buffet chinois goûté à Rome avait un soupçon de tomates et de basilic (mais aucun signe de egg roll à pizza/pizza rolls) et j’ai cru voir des patates dans la vitrine d’un resto chinois de Berlin.

À Sept-Iles, pas de Chinatown.  On a eu notre Jardin Oriental pendant des décennies, mais il a été démoli pour construire une banque, au grand malheur des fêtards locaux qui aimaient bien y déguster une soupe won ton avec une poutine italienne et deux egg rolls en finissant leur veillée.  On a aussi eu un resto de sushi lui aussi démoli pour construire un salon funéraire.  Ça, ça s’invente pas.  Et, capotez pas, je le sais, les sushis, c’est japonais, pas chinois.  Un autre restaurant chinois a depuis ouvert ses portes (j’ai pendant quelques mois confondu l’ours polaire ornant son affiche avec un chat…  je trouvais ça un peu déplacé…  Mais c’est bien un ours polaire, finalement.  C’est peut-être pas tellement mieux, sont en danger les ours polaires.  Alors que les chats…  ).  Parait qu’il y a aussi un comptoir à emporter au centre d’achat, mais je ne l’ai pas essayé.  Parce que le President (‘s choice) me permet de visiter la Chine à deux minutes à pied de chez nous.

Dans l’allée numéro 4 du supermarché qui se trouve dans ma cour arrière (ou avant, c’est mêlant chez-nous), sous la dénomination « Produits chinois », se trouve le tiers de la population de la planète.  Les sauces et épices à la base du poulet au beurre, agneau tikka, dhal, tandoori, vindaloo. Tous ces plats mijotés, parfumés, aussi complexes que la société de  1,25 milliard de personnes qui la cuisine et qui habite un pays si particulier qu’il mérite même le nom de « sous-continent » indien: Allée numéro 4, Produits chinois.

La Thaïlande et sa cuisine si particulière, alliant le frais et craquant au piquant et un peu sucré parfois.  La citronnelle, la sauce sriracha, le basilic thaï, le pad thaï, les soupes aigre-douce: Allée numéro 4, Produits chinois.

Le Japon, qui au-delà des sushis est aussi le pays qui a défini l' »umami » et les bento box.  Les nouilles udon ou soba.  Cuisine millénaire dont les chefs sont si raffinés, définis, droits, tout en équilibre: Allée numéro 4, Produits chinois.

Kimchi coréen, soupe tom yam laotienne, dans l' »Allée numéro 4, produits chinois, » à coté du riz et des tomates en cannes (on donc affaire à une allée sino-italienne), vous retrouverez l’Asie-du Sud-Est en bouteille, sachets, boites, concentrée, sucrée, piquante, sous-vide et en canne, le Japon dans votre assiette, l’Inde déjà mixée.  Bref, quand on dit que les Chinois sont partout, dans l’allée numéro 4, on le constate.  De la Chine?  Une variété de sauce soya et tamari, du riz emballé à Mississauga, Ontario, un mix à chow-mein et 3 sauces à Général Tao différentes.

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Alors que Bruno Blanchet ne réussit même pas à gouter à toute la cuisine de la Thaïlande, du Cambodge et du Vietnam en 13 épisodes, l’Allée numéro 4, Produits chinois nous résume plus de 15 pays en deux étagères.  Et ça, c’est voyager pour pas cher!

 

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2 réflexions sur “Allée numéro 4, Produits chinois

  1. Et faut croire que les thaïlandais commencent aussi à être pas mal partout: la sauce sriracha, c’est américain (malgré, tout de même, l’existence d’une ville éponyme au royaume de Siam!) … 😜

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