Avant-hier encore, j’avais 20 ans…

La rue l'Autre rueSi tous  les jours dimanche se veut un reflet de ma vie au quotidien, il sera sûrement parsemé de petits articles où je parcours le Québec d’est en ouest pour aller prendre une quelques bières avec des gens qui eux l’ont parcouru du nord au sud (je persiste et je signe: Val-d’Or est au nord, Havre-Saint-Pierre est à l’est.  Nous, on monte à Québec.  Eux ils descendent à Montréal…  Vous voyez ben, logique implacable).

Samedi dernier, c’était une de ces occasions.

Je fais partie de ces quatre ou cinq extraterrestres qui disent être allés « au collégial » et non au Cégep.  Pas par snobisme.  C’est juste que je ne suis pas allée au Cégep (je me suis bien repris après en travaillant avec fierté pour deux Cégeps différents pendant 8 ans…  il devait me manquer quelque chose).  Car voyez-vous, ces fameuses deux années (et demie dans mon cas) entre le secondaire et l’université, je les ai passées en banlieue de Québec sur un campus que plusieurs qualifieraient d’enchanteur mais dont le souvenir le plus marquant reste pour nous une obscure « roche », jamais vue à la lueur du jour.  Mon dernier bulletin indique que j’ai obtenu mon diplôme collégial au Collège St-Augustin, mais dans mon cœur, je suis allée au Séminaire Saint-Augustin, sans aucune ambition de devenir curé, sans même savoir exactement ce que j’allais y chercher.  Et encore moins y trouver.

La roche
La Roche près du lac Saint-Augustin crédit photo: Côte

À toi qui pense qu’au Séminaire St-Augustin, on se couchait de bonne heure et que la messe était obligatoire, laisse moi t’expliquer une ou deux choses.  Rassemble dans un même lieu 500 jeunes, des années plus, les dernières moins, arrivant de la Gaspésie, de l’Abitibi, de la Côte-Nord et des Îles-de-la-Madeleine, lâche lousse à travers ça quelques rescapés de l’Outaouais ou de Sherbrooke.  Ajoute presque personne du coin.  Sauf quelques-uns.  Appelle ça la saveur locale.  À toutes les semaines, il y en a un qui fête ses 18 ans.  Tou-tes-les-semaines.  Ça va te donner un espèce de tout-inclus, avec des buffets étranges, de la bière pas chère, un une bus (la 15…  on y a également eu des autobus jaunes et l’obscure « Tradition », dont on a jamais compris les horaires) une fois de temps en temps pour aller au centre d’achat, faire du rafting ou faire le party à la Volks.  On y marché à des drôles d’heure et fait du vélo pour aller nulle part.  Sinon, les spectacles, de qualité inégale mais souvent surprenants se font à l’auditorium, avec des acteurs et animateurs que tu as croisés plutôt dans la journée. (Trop) souvent, c’est carrément toi la vedette..  Prends toi un catalogue, choisis-toi un pavillon un peu au hasard ou selon ce que ta voisine ou ton cousin qui y est déjà allé quatre ans avant t’en dit…  L’année d’après, comme tu connais le coin, tu te loues un appart.  Trois quatre apparts.  Dans le même bloc.  Tant pis pour ceux qui sont pas de la gang.  Tu me vois venir? Le Séminaire St-Augustin, c’était Varadero depuis que Sunwing offre les départs de Val-d’Or et de Sept-Iles.  En tout cas, c’est le souvenir qu’on en a.  Mais dites le pas à ma mère.

Audito2
Auditorium du Séminaire Saint-Augustin

Ce samedi, une cinquantaine de rescapés et moi, maintenant respectables quadragénaires (pour la plupart…) sommes allés nous faire accroire qu’il y en avait un de la gang qui fêtait ses 18 ans cette semaine.  Nous avons été reçus par Satan Martin au Salon de dégustation de Micro-Brasserie le Corsaire, à Lévis (faut que tu ailles y faire ton tour, la bière y est bonne et le diable proprio sympathique).  On a ri, on a eu les larmes au yeux, on s’est couché tard (plus tard que ce qu’on a pris comme habitude récemment, en tout cas…), on a j’ai pris le contrôle de la place (excuse moi, cher gars du CSSR dont j’oublie le nom à qui j’ai volé la chaise qui servait de stage et qui finalement animait très bien la soirée…  mais quand les gars du CMM sont là, je retrouve mes 19 ans et à 19 ans, j’avais le contrôle de l’auditorium de 600 places du SSA!).

En 1996, le Séminaire a fermé définitivement ses portes (même si samedi, on a réussi à se rendre au milieu de l’auditorium barré).  Mais, toi lecteur, essaie pas d’en savoir plus sur ce qui s’y est passé.  N’essaie même pas de savoir tout ce que j’y ai finalement trouvé, ce qui était là en 1993 et qui l’était encore samedi dernier.  On ne peut même pas te l’expliquer.

Parce que ce qui s’est passé au Séminaire… va y rester!

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6 réflexions sur “Avant-hier encore, j’avais 20 ans…

  1. Entouka même si y’a déjà 20 ans et un brin de cela .. c’est encore frais dans ma tête pour certains passages … les autres je les ai oubliés, volontairement ou non ! Bravo pour la nostalgie ce soir, j’apprécie :o)

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  2. J’ai lu ce billet avec beaucoup de plaisir ! Le SSA fait remonter bien des souvenirs chez moi aussi, pas exactement les mêmes que pour vous : je suis la mère de l’une de ces (presque) quadra – Christiane – et ses 18 ans, c’était quelque chose ! Enfin, pour ce que j’en sais :-).

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    1. Quand les parents d’un/d’une collègue de classe venait nous visiter, la consigne était à l’époque très claire: on avait toujours passé la dernière fin de semaine à étudier. Donc, la fin de semaine passée, j’étais voisine de chambre de motel de Christiane et je vous le confirme… elle n’a pas levé les yeux de ses livres de tout son séjour à Québec. (Christiane, tu me dois une bière…!)

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