Dans le monde des fourmis, il n’y a que des fourmis…

1.Cloudy_Nightt_Carré_d'Youville

tous les jours dimanche, ce sera aussi des critiques de spectacle.  Dans le ton tous les jours dimanche….

Samedi soir, on est allées en ville.  En ville comme dans Carré d’Youville, Québec, PQ.  Je prends la peine de vous dire de relire la première phrase parce ça n’arrive pas souvent.  Pas juste parce que ça fait loin partir de Sept-Iles un samedi soir pour aller veiller au Dagobert (il y a un bar qui s’appelle le Thompson qui est presque dans ma cour et je ne suis tellement pas la clientèle cible des sorties du samedi soir que je ne sais même pas s’il est encore ouvert).  Mais on n’allait pas au Dag, on allait au Capitole.  Et on allait pas voir Elvis Story.  Donc samedi, on est allées en ville.  Voir et entendre Jean Leloup. Comme quand on avait 20 ans.  Sauf que Leloup ne jouait pas au Capitole quand on avait 20 ans.  Et nous, on n’allait pas au Capitole.

il ne sait pas ce qui l'attend
au coin de la rue en rentrant

Notre billet électronique indiquait « ouverture des portes à 19h00 ».  (NDLR: la dernière fois qu’on a vu Leloup, on n’avait pas de billet électronique.  On l’a vu gratisse, on l’a vu pas cher, on l’a vu top shape, on l’a vu pas d’dans, on l’a vu au D’Auteuil et peut-être à la Fourmi, mais on n’est pas certaines, on l’a vu à Ottawa (mais on n’aurait pas dû), on l’a vu à Woodstock en Beauce, mais on ne l’avait jamais vu avec un billet électronique). À 19h45, on croyait arriver pile, on est plutôt arrivées dans le bout de la file.  Qui faisait deux coins de rue.  Rue Richelieu si vous connaissez le coin (quiconque a pris la 800 ou la 7 et qui dit « une » autobus sait de quel coin il s’agit.  Et c’est un coin pour vrai, on est au « Carré » d’Youville).  Comme quoi on est aussi délinquantes que John the Wolf.  Surtout dans ce coin là.  C’est sûrement la place où on a été les plus délinquantes dans nos vies.  Écoutez, j’ai déjà attaché une fille sur un arbre avec son grand foulard, drette en avant du défunt Van Houtte.  Mais c’est pas ce que vous croyez.  On était au Carnaval et j’étais tannée de l’empêcher d’aller voler au-dessus de la porte St-Jean.

Hé les mecs y a une bagnole
Abandonnée dans le parking

Pour nous punir de toute cette délinquance, juste derrière nous dans la file, deux temples du savoir et du jugement incarnés en filles de 20 ans qui nous suivaient.  Vous savez, le genre de filles de 20 ans qui nous font espérer qu’on n’était pas « comme ça » à leur âge (la réponse  est « peut-être un peu, mais non pas tant que ça, j’ai déjà attaché une fille sur un arbre avec son foulard »).  On soupire, on chiale un peu entre nos dents.  Aux 30 secondes, on a droit aux deux premières lignes d’Alger, qui semble être la seule toune de Leloup de leur répertoire.  Pour leur défense, notre exaspération envers elles nous permet de surpasser nos réelles préoccupations: « Pourquoi les portes ne sont pas ouvertes… comment il va notre Leloup? »  Tranquillement pas vite, la file avance, les portes s’ouvrent, elles partent en gambadant à gauche aller stresser d’autres intolérantes de notre espèce (on espère ne pas être les seules…), on tourne à droite, tout le monde s’installe et…

… le Roi Ponpon est là.   il est bon, il est en feu, il contrôle son orchestre, son bigarré public halloweenesque composé de corbeaux, de flamants roses, de mimes, de Kiss au complet, de Marilyn Monroe (un gars), de la femme guépard (ou léopard, je ne sais jamais)…  Leloup chante, Leloup danse, Leloup joue de la guitare.

IMG_2674
La foule chante, la foule s’enflamme, la foule danse… La deuxième partie commence, Leloup a maintenant un sombrero noir, on est à Paradis City… Une fille s’élance sur la scène.  Leloup la regarde.  On la regarde…  Mais…  est-ce une de nos grandes sages de la file?  Mais oui, c’est elle !  Confirmation par l’arrivée de sa chum qui la suit de près.  Comme dans la file…  Aussi fatigantes et imbues d’elles-mêmes qu’une heure avant.  Elles se trouvent bonnes, elles dansent comme si 1 126 personnes avaient payé 50$ pour les voir danser.  Soupir.

Et je cry, et je cry baby wou
À Paradis City, à Paradis City

Nos deux suiveuses ont leur heure de gloire.  Ils ont parlé d’elles dans le Soleil.  Probablement aussi dans le Journal de Québec, mais on ne l’a pas lu.  On est de même nous-autres.

Le Soleil 1er novembre 2015

Samedi soir on est allées en ville.  Mais on n’a pas dansé sur la scène.  Je sais que vous étiez impatients et même un peu inquiets de savoir si c’était nous.  Parce que vous l’aviez lu dans Le Soleil.  Vous êtes de même vous autres aussi.

Samedi soir on est allées en ville.  On aurait aimé prendre une bouchée, faire nos fraiches et manger un tartare ou des huitres.  On a fini ça avec une poutine italienne du Normandin de Charny.  Pis y’avait un cowboy à côté de nous.

J'suis un cow boy,
touche pas à ma guitare
J'suis un cow boy,
j'me lève tard.

Samedi soir, on est allées en ville.  On se fout du reste, Jean Leloup était en feu.

Publicités

4 réflexions sur “Dans le monde des fourmis, il n’y a que des fourmis…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s